Un article très intéressant sur les relations prof-élèves, que j’ai lu et commenté ce matin sur le blog de Future ex prof (je la remercie chaleureusement au passage d’avoir fait un lien spécial vers mon blog !), me donne l’idée de prolonger la réflexion ici … en abordant la question des registres de langue.
Quel rapport entre les deux ? me demanderez-vous en nombre ! Et bien, je vais de ce pas m’expliquer.

L’étude des registres de langue, qui s’inscrit parfaitement dans le cadre d’une séquence sur la communication, notamment en classe de sixième, donne la possibilité de conduire les plus jeunes collégiens à comprendre que lorsque l’on parle ou écrit, la première des règles à suivre est d’adapter son registre de langue au destinataire. Concrètement, cela veut dire que l’on ne parle pas au professeur comme à ses parents ou à ses copains. Ca, les enfants le comprennent plutôt bien… Mais si nous n’approfondissons pas un peu, il me semble que cette compréhension se fait de manière uniquement théorique et superficielle.
Ce qui est vraiment intéressant alors d’explorer avec eux c’est la notion de registre familier et de soumettre à leur réflexion les interrogations suivantes : dans quels cas peut-on utiliser un niveau de langue familier ? pourquoi ne doit-on pas l’utiliser avec ses professeurs ?

Au premier abord, la langue familière les fait rire car ils y associent tous les gros mots et autres joyeusetés du langage qu’ils connaissent. Ainsi parler familièrement au prof reviendrait, pour eux, à ne pas le respecter. Il sont loin alors d’imaginer que le registre de langue familier recèle d’autres enjeux.
En effet, quand on leur montre qu’il implique d’abord et surtout un rapport de familiarité, entre les interlocuteurs, un rapport où l’affectif domine, on les conduit du même coup à réaliser qu’il existe un moyen linguistique permettant de reconnaître que les relations avec le prof ne sont pas comme celles avec papa ou maman ou copain untel ; que dans le cadre de la classe, où l’objectif est essentiellement d’apprendre et progresser, on emploiera cet outil fort simple et tout à fait adéquat : la langue courante qui ne suppose d’autres intentions, de la part de l’émetteur, que le contenu de ce qu’il dit.

Cette séance de cours sur, finalement, les enjeux de la familiarité permet, par le détour, d’aborder le fonctionnement de la vie en classe, de donner des repères importants aux plus jeunes collégiens, et de saisir que le savoir être c’est surtout savoir s’adapter.