Allez je profite de m’être levée tôt, d’être en repos quelques jours, pour laisser de côté ma valise à livres (vous avez déjà quelques fameux titres …pour la plage !!) et vous parler de mon métier !

J’aime bien le mot métier concernant l’enseignement, j’aime bien ce qu’il recèle, ce qu’il suppose ; cette idée qu’enseigner c’est avant tout un savoir faire que le prof apprend au fur et à mesure des années à mettre en question, peaufiner, améliorer, explorer en long, en large et en travers.
Je ne sais pas au juste sur quoi repose ce savoir faire, ce savoir être prof ! Je sais simplement, quand j’entre dans une salle de classe, et cela depuis la toute première classe que j’ai eue il y a une dizaine d’années, que j’y suis à ma place, que c’est une évidence pour moi d’être là, et cela quels que soient les élèves que j’ai en face.

Des classes, il y en a de toutes sortes et de toutes les couleurs et il faut savoir que chacune d’entre elles produit avec le prof une alchimie particulière ! Ainsi, on peut se sentir une bonne enseignante avec l’une et absolument nullissime avec une autre ! En réalité, tout ne dépend pas que du prof : les bonnes classes font aussi les bons enseignants !
J’ai eu quelques classes, malheureusement, avec lesquelles la sauce n’a pas pris. Je me souviens notamment d’une classe de troisième extrêmement faible et particulièrement dissipée. Lorsqu’est arrivée la fin de l’année, même si je n’avais pas renoncé à ma mission – transmettre du savoir, faire progresser, préparer pour le brevet – j’ai su que je n’étais pas parvenue à extraire l’étoile filante du chaos, que le soufflet n’avait pas pris ! On quitte ce genre de classes très mécontent de soi, avec un fort sentiment d’échec. Un prof aime quand ça fonctionne, il aime mettre de bonnes notes (contrairement aux idées reçues) et il adore voir dans le regard des enfants qui lui sont confiés le sourire de la confiance et de la gratitude. Qu’est-ce qui fait que parfois ça ne marche pas ? Je ne sais pas vraiment ! Il suffit quelques fois de trois ou quatre élèves, de fortes têtes, pour saboter une classe et ficher une sale ambiance !
Heureusement, j’ai davantage de bonnes expériences que de mauvaises, parce que quand ça ne marche pas, je m’accroche, je ne renonce pas, je me pose des questions, je modifie ma façon de faire, je m’adapte, je surprends … et forcément, dans la majorité des cas, les classes sont réceptives et nous pouvons alors commencer à travailler.

De bonnes expériences oui, j’en ai eu et j’en ai encore cette année. Avec la classe dont je suis prof principale, nous montons une pièce de théâtre ! Je suis époustouflée par leur qualité de jeu, leur envie de bien faire, leur attention face aux remarques. Et je ne sais pas très bien si c’est moi qui ai su leur donner l’envie de réussir ou si ce sont eux qui, indépendamment de moi, ont un réel talent !
Avec ma classe de cinquième, nous avons eu un démarrage un peu difficile ! Je les trouvais faibles, bavards, casse pieds ! Ils trouvaient que je parlais trop vite et que je mettais trop de devoirs ! Finalement, je les trouve supers et eux, quelques uns d’entre eux, viennent se confier à moi, me faire lire leurs poèmes…

On sait que ça marche quand on entre en classe avec plaisir, quand les élèves sortent de classe en disant « au revoir », quand ils rient à nos blagues de profs, quand ils se mettent assez vite au travail, quand on sent en soi en les observant travailler qu’on a réussi à créer une ambiance de classe saine, agréable et motivante …

On sait alors qu’on n’est pas devenu prof par hasard et que ce que l’on fait, c’est un véritable métier !