Holala ! Il faut que j’écrive ce matin ! Il faut absolument que je trouve quelque chose à dire car je m’aperçois que certains lecteurs commencent à s’intéresser à ce qui se passe ici – je les remercie, au passage, de leurs précieuses interventions – et, je ne voudrais pas qu’ils s’imaginent que mon blog est à l’abandon et qu’ils jettent aux oubliettes le journal-de-lulubie.
Vite, vite vite ! J’implore les neuf muses toutes ensemble d’ouvrir les portes de ma perception et de m’offrir l’inspiration ; fasse qu’elles me donnent l’idée grandiose et sublime d’un merveilleux article à écrire, intéressant et drôle, surprenant et … interactif ! Je pourrais alors aller, le coeur en paix, corriger le dernier paquet de copies qu’il me reste, avant les laborieuses et redoutables corrections du brevet.
Allez les muses, allez ! On s’active un peu ! De quoi puis-je parler ce matin ?

J’ai bien envie d’aborder le problème du permafrost sybérien qui fond à toute vitesse et qui risque d’ici une dizaine d’années de libérer les tonnes de méthane qu’il retient, mais cela risque de déprimer mes lecteurs.

Je pourrais aussi vous raconter, sous forme de journal de bord, les dernières mises au point de la pièce de théâtre que mes élèves joueront ce jeudi 18 juin en soirée ; mais par souci d’anonymat, je veux rester la plus vague possible concernant ma vie de prof !

Vous expliquer comment j’ai arrêté de fumer ? les petits plats que j’adore préparer ? le linge qui s’entasse dans la panière ? ma valise à livres qui est loin d’être pleine ? ma maison de campagne et son merveilleux jardin ? les amis qui partent et ceux qui reviennent, malheureusement différents ? le roman que j’ai prévu de reprendre cet été et, si j’en ai le courage et la force, d’achever ? le film les heures de Stephan Daldry que je regarde chaque fois que je déprime ? le qi gong que je pratique depuis quelques mois ? mes animaux de compagnie – mes grands copains ? mon couple qui … bref !

Et puis, je réfléchis, je prends du recul comme on dit et je me rappelle qu’il fut un temps où certains journalistes, certains écrivains étaient payés à la ligne ! L’écriture avait alors pour principale fonction d’être rentable ! Et la plume s’activait copieusement et remplissait laborieusement des pages et des pages.

Après réflexion je m’accorde alors le droit, que dis-je, le privilège officiel, à partir d’aujourd’hui, d’écrire lorsque j’ai véritablement quelque chose à dire ou lorsque j’ai véritablement envie d’écrire. Cela suppose naturellement que certains jours, je n’écrirai pas !

Et je note en article 1 de la constitution du Journal-de-Lulubie :
si tu n’as rien à dire, tais toi ! Le silence est d’or.