novembre 2009

Archive mensuelle

La crise de l’éducation (suite) – L’autorité

Posté par le 14 nov 2009 | Dans : Actualités, une vie de prof

Voici une définition très porteuse de l’autorité, que je vous propose ici. Elle nous vient de Myriam Revault Allonnes, qui est philosophe et professeur des Universités, et complète l’analyse de la crise de l’éducation de Hannah Arendt, tout en nous conduisant à mettre en relation AUTORITE et TRANSMISSION.


« Qu’en est-il de l’autorité dans un monde où l’arrachement à la tradition et au passé a pris valeur de mot d’ordre ? Que devient l’autorité lorsqu’elle se trouve confrontée à l’individualisme et à l’égalisation démocratique et que de surcroît le futur comme c’est le cas aujourd’hui se dérobe à toute espérance ?
L’autorité ne se confond pas avec le pouvoir. Elle appelle la reconnaissance plus qu’elle ne requiert l’obéissance. Elle se déploie dans la durée alors que le pouvoir est d’abord lié au partage de l’espace. Parce qu’elle assure la continuité des générations, la transmission, la filiation, tout en rendant compte des crises qui en déchirent le tissu, elle est une dimension fondamentale du lien social.
Si pour nous l’autorité est encore porteuse de sens, ce n’est pas parce qu’elle se réclame d’un monde vétuste, mais parce qu’elle nous fait naître neufs dans un monde plus vieux que nous. Qu’est-ce que l’autorité, sinon le pouvoir des commencements, le pouvoir de donner à ceux qui viendront après nous la capacité de commencer à leur tour ? Ceux qui l’exercent mais ne la détiennent pas autorisent ainsi leurs successeurs à entreprendre quelque chose de nouveau, c’est-à-dire d’imprévu. Commencer, c’est commencer de continuer. Mais continuer, c’est aussi continuer de commencer. »

La crise de l’éducation, Hannah Arendt

Posté par le 13 nov 2009 | Dans : Actualités, une vie de prof

Analysant, dans ce petit article tiré de La crise de la culture, la crise du système scolaire américain, Hannah Arendt considère que la crise que traverse aujourd’hui l’éducation est liée à trois raisons, qu’elle appelle « idées de bases ».

la première consiste à avoir affranchi l’enfant de l’autorité de l’adulte et à avoir considéré, non plus l’enfant comme un être en devenir, mais comme un être, accompli, à part entière. Ainsi, l’on a reconnu l’existence d’un monde propre de l’enfant où finalement, selon l’analyse de la philosophe, ce dernier subit une oppression beaucoup plus forte et tyrannique encore que celle de l’adulte, qui est celle de ses « pairs ». C’est le groupe des enfants qui détient alors l’autorité suprême sur l’individu, une autorité sous emprise (comme le note Meirieu) à laquelle l’enfant est incapable de se soustraire.

La deuxième raison repose sur le fait que la pédagogie est malheureusement devenue, dans la deuxième moitié du XXe siècle, une science de l’enseignement à part entière, et s’est totalement affranchie du savoir à enseigner.

La troisième idée, se posant comme la réalisation pragmatique de la deuxième, suppose d’avoir laissé tomber le savoir (considéré comme élitiste) pour le le savoir-faire (le faire s’étant alors substitué à l’apprendre).

La crise de l’éducation que nous traversons traduit, selon Hannah Arent, l’instabilité des sociétés modernes et leur rapport plus que complexe à l’autorité, notion souvent mal comprise et mal interprétée, mais toujours très contestée !

Si cela vous inspire, j’aimerais bien avoir vos avis là-dessus…

essai09 |
Un amour de "Pékinoise" |
ghadalam |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mes passions de ptit dragon
| illusion3darchitecture
| Florine, la coquine...