Analysant, dans ce petit article tiré de La crise de la culture, la crise du système scolaire américain, Hannah Arendt considère que la crise que traverse aujourd’hui l’éducation est liée à trois raisons, qu’elle appelle « idées de bases ».

la première consiste à avoir affranchi l’enfant de l’autorité de l’adulte et à avoir considéré, non plus l’enfant comme un être en devenir, mais comme un être, accompli, à part entière. Ainsi, l’on a reconnu l’existence d’un monde propre de l’enfant où finalement, selon l’analyse de la philosophe, ce dernier subit une oppression beaucoup plus forte et tyrannique encore que celle de l’adulte, qui est celle de ses « pairs ». C’est le groupe des enfants qui détient alors l’autorité suprême sur l’individu, une autorité sous emprise (comme le note Meirieu) à laquelle l’enfant est incapable de se soustraire.

La deuxième raison repose sur le fait que la pédagogie est malheureusement devenue, dans la deuxième moitié du XXe siècle, une science de l’enseignement à part entière, et s’est totalement affranchie du savoir à enseigner.

La troisième idée, se posant comme la réalisation pragmatique de la deuxième, suppose d’avoir laissé tomber le savoir (considéré comme élitiste) pour le le savoir-faire (le faire s’étant alors substitué à l’apprendre).

La crise de l’éducation que nous traversons traduit, selon Hannah Arent, l’instabilité des sociétés modernes et leur rapport plus que complexe à l’autorité, notion souvent mal comprise et mal interprétée, mais toujours très contestée !

Si cela vous inspire, j’aimerais bien avoir vos avis là-dessus…