Doris Lessing me berce, me transporte… Rares sont les auteurs dans l’écriture desquels j’entre avec une telle aisance. Généralement, il y a toujours des zones de résistance, des trucs auxquels j’adhère moins ! Avec Doris Lessing, non ! Je pénètre et me laisser porter… sachant que je trouverai, ici ou là, l’expression d’un sentiment, d’une idée que je n’avais pas formulés.

Mon dernier livre lu : les grands-mères.

Il y a dans le titre l’ironie de l’auteure qui a passé l’âge de séduire. Ainsi le récit est à lire à rebours de ce titre, comme si le temps s’était figé dans un avant toujours renouvelé, pour ces deux femmes mûres, narcissiques et fatales, amies d’enfance, chacune la maîtresse du fils de l’autre.

Les mères, jeunes et charmantes, épouses des fils incapables d’émancipation, sont quant à elles, en creux, des femmes-prétextes ou fonctionnelles.

L’histoire sulfureuse commence sur cet immoral non dit et s’achève dans un grand éclat de rire … marquant la certitude de ces deux vieilles redoutables de n’avoir jamais cessé d’être les favorites et de transcender le temps.

Dans ce récit court et léger, Doris Lessing semble s’amuser beaucoup et nous rappelle qu’en (tout) homme demeure un petit garçon en quête de maman(s). Mais rassurons-nous, le féminisme de Lessing n’est pas un réquisitoire contre les hommes ; il est juste un peu acidulé !!