h2023097881290099564.jpg

Voilà notre Hugo, arborant casquette, survêtement, et collier en plaqué or, à la gloire du dollar. Assis dans la posture de celui qui, familier à l’usage du téléphone portable, ne peut se passer de son précieux objet de communication, il nous revient, d’entre les morts, pour nous parler des conditions de vie en prison.
Sa langue a changé ! Ses intentions aussi !

La peine capitale n’étant plus d’usage en France, yo !, il s’agira seulement d’expliquer ce que l’on encourt si l’on commet un délit. On passe du réquisitoire émouvant, sensible et humaniste contre la peine de mort, au discours pragmatique, prétendument dissuasif, qui – incapable de mettre en question une société dont le système de valeurs conduit certains individus à faire fi de la Loi – se prétend pédagogique.

A nous, braves petits soldats de la transmission, de concéder à dissocier ce qui pourtant ne doit pas l’être, ce qui ne peut l’être sans dénaturer la beauté et la portée d’un texte : la forme et le fond.

Que l’intention de l’auteur de cette refonte soit louable, certes, je n’en doute guère.

Mais j’aimerais seulement soumettre mon questionnement : ne faut-il pas fournir quelques efforts pour accéder au monde des idées ? Le chemin à parcourir pour structurer la pensée n’est-il pas naturellement long et périlleux ? Et l’accession au domaine de l’esprit ne suppose-t-elle pas une connaissance de plus en plus maîtrisée de ce formidable outil qu’est la langue ?

Si la pleine maîtrise des concepts et de la raison est jugée indépendante de la maîtrise linguistique, alors soit… je m’incline.
Je m’incline devant la casquette, le survêtement vert, et le collier à la gloire du dollar !

Sinon je revendique pour tous le droit à l’effort et aux textes dits difficiles.