mars 2011

Archive mensuelle

L’homo sapiens face au nucléaire, ou le processus du bon sens…

Posté par le 27 mar 2011 | Dans : Actualités

La terrible catastrophe écologique nippone et ses répercutions à Fukushima a relancé le débat sur le nucléaire en France. Nous sommes parmi les pays (avec le Japon justement, et les USA) à avoir adopté une politique énergétique essentiellement basée sur le nucléaire. Cela, en faisant fi, il y a une cinquantaine d’années, portés que nous étions par l’espoir de vivre mieux et l’optimisme qui en résultait, des conséquences possibles du nucléaire civil sur la santé humaine et l’environnement.

Or, Fukushima nous renvoie aujourd’hui à une sombre mais évidente réalité : nous vivons sur Terre et sur Terre, le risque zéro n’existe pas. Il y est, dans l’ordre naturel des choses, d’être exposés aux risques et d’avoir à s’en protéger.
Alors je m’interroge. A l’heure où il est de bon ton de taper sur les écolo qui ont contribué à réanimer un débat grave et sérieux, ne faudrait-il pas tenter d’arrêter de faire l’autruche en remettant encore à plus tard – quand il sera peut-être trop tard – la prise de conscience collective et, par voie de conséquence, les choix de société ?

Il ne s’agit pas de promouvoir le catastrophisme ou de nous résigner à croire que nous sommes, comme nous pouvons le lire ici ou là, au seuil de la fin du monde, mais d’adopter un comportement responsable, adapté à la situation et de poser les choses dans toute leur objectivité : nous n’avons pas la maîtrise du nucléaire. En cas de catastrophe écologique, d’accident, voire d’attentat terroriste :( , nous devons nous rendre à l’évidence : si l’un de nos cinquante huit réacteurs nucléaires était profondément affecté, nous n’en aurions aucun réel contrôle.

Cela, vous en conviendrez, n’est pas anecdotique, et sort incontestablement du cadre de l’exercice de la politique politicienne et des lois du marché. Les dangers de raison anthropique qu’une société choisit ou non de courir ne sont pas la seule affaire des écolos. Ils ne sont pas non plus la seule affaire des capitaux et de l’économie. Il en va du bien être et du confort de tous, certes, mais il en va aussi de la santé, de l’environnement, de nos interactions sur celui-ci, de ce que l’on veut pour nos enfants, de nos droits, de notre Vie.

Prendre conscience de ce qui se joue fondamentalement en matière de politique énergétique, n’est-ce pas un premier pas pour faire des choix de société adultes et responsables ?

Sachant par exemple que je contribue à la consommation des 47% de l’énergie produite en France, je pourrais déjà commencer par me sentir personnellement concernée et me dire que :
- Je n’ai pas besoin, pour dormir, de laisser mes appareils électriques en veille.
- je n’ai pas non plus besoin que les enseignes des grands magasins restent allumées la nuit.
- Je ne suis pas obligée de laisser couler « pour rien » l’eau chaude quand je me lave les dents ou quand je fais la vaisselle
- Je peux éteindre la lumière dans les pièces où je ne suis pas.
- Quand il commence à faire moins froid, je peux couper les radiateurs et enfiler un pull. D’ailleurs, à ce propos, je peux aussi penser à mieux isoler mon lieu d’habitation. etc. etc.

Ce faisant, je pourrais sentir que si je n’ai pas la maîtrise de l’énergie que je consomme, j’ai au moins la maîtrise de ma façon de consommer. Et – miracle de l’esprit humain – ayant cette maîtrise, j’aurais alors peut-être tendance à vouloir que mes autorités, elles aussi, aient l’entière maîtrise de l’énergie qu’elles me fournissent. Mon bon sens me rappellerait en effet ce que le gentil Jean Pierre Pernaut (ou d’autres) m’a peut-être fait oublier : quand on perd le contrôle, généralement on finit dans le mur !

Par voie de conséquence, il est possible que j’assiste à un deuxième petit miracle. Pourvue de mon nouveau sentiment de maîtrise je me sentirais en effet, acteur responsable en herbe, ce qui me permettrait d’éviter d’avoir à toujours chercher d’autres responsables. J’éteindrais alors peut-être ma télé, m’informerais avec sérieux sur tout, bien décidée que je serais alors à prendre ma vie en main, non pour accéder à plus de plaisirs futiles et éphémères mais à plus de conscience !! Chose bénie et extraordinaire pour laquelle, je m’en rendrais alors compte, la vaillante Nature a fait l’étrange choix de créer mon espèce… !

J’aurais alors sans doute comme une irrésistible envie de voir instauré un grand moratoire mondial sur la connerie, et je … !
Bon OK, là je m’emballe… :)

Un peu de sémantique pour les derniers des Mohicans.

Posté par le 20 mar 2011 | Dans : Actualités

Dans la série, ce qui n’est pas identifié, passe immanquablement inaperçu, voici mes petites élucubrations dominicales sur deux mots renvoyant à deux réalités conjointes, auxquelles, a priori, on ne pourrait pas échapper : la consommation et la mondialisation.

- Dans une première acception, le verbe CONSOMMER signifie ACHEVER, UTILISER, USER jusqu’à la destruction.
Ainsi, l’acte de CONSOMMER suppose un processus dont la finalité est l’anéantissement de ce qui fut l’objet de la consommation. Ce que l’on CONSOMME atteignant son accomplissement – voire, dans la forme ancienne du mot, sa perfection – lorsqu’il est CONSOMMÉ.
C’est tout bêtement de la sémantique ! Et la sémantique nous dit que la société de consommation n’est autre qu’une société de destruction et d’anéantissement :(
Choix lexical pour définir une société, qui n’est ni très constructif, ni très prometteur … !

- Lorsqu’est apparu le concept de MONDIALISATION, au cours des années 80, l’acte de mondialiser, notamment les rapports économiques, en était encore à ses balbutiements.
Or, je rappelle que tous les noms, issus de verbes, construits avec le suffixe – TION, supposent que ce qu’ils évoquent est en voie d’atteindre ou a atteint sa finalité.
Ainsi, avant même que n’apparaisse le mot dans les dictionnaires de langue ( le substantif « mondialisation » est totalement absent par exemple du Robert de 1997, et de la réimpression en mars 2000 du Dictionnaire Historique De La langue Française.) ; avant même aussi que n’apparaisse, de manière factuelle, la MONDIALISATION, l’acte de mondialiser était présenté comme un processus déjà en cours, susceptible d’atteindre sa finalité !

Une telle discordance entre choix lexical et réalité d’alors a-t-elle pu être tout bêtement involontaire ? Difficile je crois de l’envisager. Il me semble qu’on ne peut identifier et présenter la finalité d’une chose, que si on la connaît, ou si on l’a entièrement pensée !

Dans le meilleur des cas, cette dénomination n’a fait qu’accélérer la marche (peut-être inévitable !) du monde, et dans le pire, elle a produit une idéologie dominante, dont la pleine réalisation est à présent devenue obligatoire.
On ne peut certes pas échapper à la fatalité, mais il est possible – notamment par le lexique imposé – de faire croire, qu’un processus est absolument inéluctable !

Reste à demeurer vigilant, à présent, sur ce que peut être une mondialisation arrivée au terme de son processus de réalisation. Mais ça, c’est une autre histoire…

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