Dans la série, ce qui n’est pas identifié, passe immanquablement inaperçu, voici mes petites élucubrations dominicales sur deux mots renvoyant à deux réalités conjointes, auxquelles, a priori, on ne pourrait pas échapper : la consommation et la mondialisation.

- Dans une première acception, le verbe CONSOMMER signifie ACHEVER, UTILISER, USER jusqu’à la destruction.
Ainsi, l’acte de CONSOMMER suppose un processus dont la finalité est l’anéantissement de ce qui fut l’objet de la consommation. Ce que l’on CONSOMME atteignant son accomplissement – voire, dans la forme ancienne du mot, sa perfection – lorsqu’il est CONSOMMÉ.
C’est tout bêtement de la sémantique ! Et la sémantique nous dit que la société de consommation n’est autre qu’une société de destruction et d’anéantissement :(
Choix lexical pour définir une société, qui n’est ni très constructif, ni très prometteur … !

- Lorsqu’est apparu le concept de MONDIALISATION, au cours des années 80, l’acte de mondialiser, notamment les rapports économiques, en était encore à ses balbutiements.
Or, je rappelle que tous les noms, issus de verbes, construits avec le suffixe – TION, supposent que ce qu’ils évoquent est en voie d’atteindre ou a atteint sa finalité.
Ainsi, avant même que n’apparaisse le mot dans les dictionnaires de langue ( le substantif « mondialisation » est totalement absent par exemple du Robert de 1997, et de la réimpression en mars 2000 du Dictionnaire Historique De La langue Française.) ; avant même aussi que n’apparaisse, de manière factuelle, la MONDIALISATION, l’acte de mondialiser était présenté comme un processus déjà en cours, susceptible d’atteindre sa finalité !

Une telle discordance entre choix lexical et réalité d’alors a-t-elle pu être tout bêtement involontaire ? Difficile je crois de l’envisager. Il me semble qu’on ne peut identifier et présenter la finalité d’une chose, que si on la connaît, ou si on l’a entièrement pensée !

Dans le meilleur des cas, cette dénomination n’a fait qu’accélérer la marche (peut-être inévitable !) du monde, et dans le pire, elle a produit une idéologie dominante, dont la pleine réalisation est à présent devenue obligatoire.
On ne peut certes pas échapper à la fatalité, mais il est possible – notamment par le lexique imposé – de faire croire, qu’un processus est absolument inéluctable !

Reste à demeurer vigilant, à présent, sur ce que peut être une mondialisation arrivée au terme de son processus de réalisation. Mais ça, c’est une autre histoire…