Pages d’écriture

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Payée à la ligne ?

Créé par le 14 juin 2009 | Dans : ma (petite) vie…, Pages d'écriture

Holala ! Il faut que j’écrive ce matin ! Il faut absolument que je trouve quelque chose à dire car je m’aperçois que certains lecteurs commencent à s’intéresser à ce qui se passe ici – je les remercie, au passage, de leurs précieuses interventions – et, je ne voudrais pas qu’ils s’imaginent que mon blog est à l’abandon et qu’ils jettent aux oubliettes le journal-de-lulubie.
Vite, vite vite ! J’implore les neuf muses toutes ensemble d’ouvrir les portes de ma perception et de m’offrir l’inspiration ; fasse qu’elles me donnent l’idée grandiose et sublime d’un merveilleux article à écrire, intéressant et drôle, surprenant et … interactif ! Je pourrais alors aller, le coeur en paix, corriger le dernier paquet de copies qu’il me reste, avant les laborieuses et redoutables corrections du brevet.
Allez les muses, allez ! On s’active un peu ! De quoi puis-je parler ce matin ?

J’ai bien envie d’aborder le problème du permafrost sybérien qui fond à toute vitesse et qui risque d’ici une dizaine d’années de libérer les tonnes de méthane qu’il retient, mais cela risque de déprimer mes lecteurs.

Je pourrais aussi vous raconter, sous forme de journal de bord, les dernières mises au point de la pièce de théâtre que mes élèves joueront ce jeudi 18 juin en soirée ; mais par souci d’anonymat, je veux rester la plus vague possible concernant ma vie de prof !

Vous expliquer comment j’ai arrêté de fumer ? les petits plats que j’adore préparer ? le linge qui s’entasse dans la panière ? ma valise à livres qui est loin d’être pleine ? ma maison de campagne et son merveilleux jardin ? les amis qui partent et ceux qui reviennent, malheureusement différents ? le roman que j’ai prévu de reprendre cet été et, si j’en ai le courage et la force, d’achever ? le film les heures de Stephan Daldry que je regarde chaque fois que je déprime ? le qi gong que je pratique depuis quelques mois ? mes animaux de compagnie – mes grands copains ? mon couple qui … bref !

Et puis, je réfléchis, je prends du recul comme on dit et je me rappelle qu’il fut un temps où certains journalistes, certains écrivains étaient payés à la ligne ! L’écriture avait alors pour principale fonction d’être rentable ! Et la plume s’activait copieusement et remplissait laborieusement des pages et des pages.

Après réflexion je m’accorde alors le droit, que dis-je, le privilège officiel, à partir d’aujourd’hui, d’écrire lorsque j’ai véritablement quelque chose à dire ou lorsque j’ai véritablement envie d’écrire. Cela suppose naturellement que certains jours, je n’écrirai pas !

Et je note en article 1 de la constitution du Journal-de-Lulubie :
si tu n’as rien à dire, tais toi ! Le silence est d’or.

A la manière de Montesquieu

Créé par le 08 juin 2009 | Dans : Actualités, Exercices de style, Pages d'écriture

Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre la Terre malade, voilà ce que je dirais :

les Hommes d’Occident ayant commencé par exterminer ceux de l’Amérique, puis par réduire en esclavage ceux de l’Afrique, ils ont dû mettre leur puissance à l’épreuve en se mesurant à la Terre.

La vie serait trop monotone, si l’on ne saccageait pas le monde.

La Terre dont il s’agit peut être si sauvage, si cruelle, si imprévisible, qu’il est presque impossible de la plaindre.

On ne peut se mettre dans l’esprit que la volonté de plaisir, naturellement au service de nos sens, nous exhorte un jour à prendre conscience de ce que nous faisons.

Il est si naturel de ne penser qu’à soi, que je ne vois pas pourquoi nous nous étonnerions de la disparition des espèces animales ou végétales, soi-disant victimes de nos agissements.

On peut juger de la grandeur d’une civilisation à son aptitude à la destruction, qui, chez les peuples de Mongolie qui ne sont pas du tout civilisés, est presque totalement absente.

Une preuve que la Terre est inutile, c’est que certains scientifiques du monde – les plus éminents – envisagent, à terme, le déplacement de l’espèce humaine vers une autre planète.

Il est impossible que nous supposions que ces gens-là ne soient pas dignes de confiance, parce que si nous doutions de leur intelligence nous mettrions du même coup la nôtre en question.

De petits esprits exagèrent trop le mal que nous faisons à la Terre. Car si ce mal était tel qu’ils le disent, ne serait-il pas venu à la tête des plus grands financiers, qui font entre eux tant de belles choses, d’en faire une bien plus grande à l’égard de la planète ?

Ma valise à livres… (4e partie)

Créé par le 02 juin 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Oui, en ce moment je m’imagine assez bien sur mon île déserte. Sans copies à corriger, sans les dernières mises au point de la pièce que mes élèves joueront dans une quinzaine de jours, sans stress, sans compagnon, sans chien, sans chatte, sans la perspective de ce dernier mois de cours, toujours plus difficile que les autres, ni celle du brevet des collèges où je serai de correction les 2 et 3 juillet puisque l’on m’y a cordialement conviée …pffffffff… Il y a des années comme ça qui sont particulièrement épuisantes ! Celle-ci le fut, l’est pour moi, à plus d’un titre…

Sur mon île. Seule.
Avec mes livres…
Pas forcément longtemps, mais juste assez de temps pour me ressourcer, faire ce que Sénèque préconisait : mon examen de conscience, me balader, écrire, dormir et lire.

Je ne lis plus.
Je n’ai plus le temps, plus de disponibilité pour les personnages de papier. Cette année, j’ai l’impression de n’avoir fait que commencer des livres que je n’ai pas finis. J’ai d’ailleurs un peu honte, même si Pennac, dans ses droits inaliénables du lecteur, m’accorderait volontiers la légitimité de l’inachèvement de mes lectures.

Alors, j’emmènerais aussi sur mon île déserte, dans ma valise à livres, quelques ouvrages qui m’ont plu et dont j’ignore encore la fin…

Melnitz de Lewinsky.
Les autres d’Alice Ferney
Chagrin d’école de Pennac
Seul dans le noir de Paul Auster
Le système périodique de Primo Levi

A suivre…

Ma valise à livres… (3e partie)

Créé par le 20 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

J’aime beaucoup la philosophie des Lumières et j’adore inventer des petites histoires rigolotes !
Alors quand il s’agit d’expliquer les contradictions voltairiennes tout en faisant ma valise, ça donne ça…

Un jour, Voltaire est allé voir Rousseau (en fait, contrairement à la rumeur, ils ne se détestaient pas tant que ça !) avec son Candide ou l’optimisme sous le bras et il lui a dit :

« c’est quand même incroyable que je ne parvienne pas à mettre complètement en question la philosophie neu neu de ce grand niais de Leibnitz. Je sens bien que ma réponse à son optimisme à la noix est incomplète puisque, au terme de mon ouvrage, je ne propose pour seule réponse pour faire avec le Mal du monde que de travailler sans raisonner. Or tu m’accorderas, mon cher Emile, que venant d’un philosophe de mon rang, qui a toujours affirmé sa foi inébranlable dans la raison, c’est tout de même un peu paradoxal !

Voyant son ami si désapointé, Rousseau fut pris d’un soudain altruisme et demanda :

« Tu es toujours déiste, mon bon vieux Voltaire ? Tu crois toujours en Dieu, hein ?

- Pour sûr, plus que de raison !

- Et bien il est là LE problème, mon vieux. Si tu veux vraiment mettre en question Leibnitz, il faut modifier ton postulat. Tu justifieras l’existence du Mal dans le monde et ta réponse sera vraiment complète que si et seulement si tu pars du principe que Dieu n’existe pas. Alors là, le Leibnitz, il pourra aller se rhabiller. Pan dans ses dents !

- Holala ! Mais tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes, là ? Candide est fini, bouclé je ne reviendrai pas dessus.

- Alors mon pote, si tu ne veux pas passer pour un âne, il faut présentement aller cultiver ton jardin. Moi je vais de ce pas parcourir les forêts immenses et rédiger mes confessions… fous moi la paix avec tes histoires, et arrête d’écrire des pamphlets pour dire à tout le monde que je suis mort ! Ca devient génant à la fin…

A suivre

Ma valise à livres… (2e partie)

Créé par le 19 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Je ne sais pas vous mais moi, quand j’arrive chez quelqu’un que je ne connais pas, la première des choses qui attire mon attention, c’est … sa bibliothèque. S’il n’y en a pas ou si mon hôte n’a que des livres de cuisine ou de bricolage, ça craint un peu ! Il y a alors peu de chance pour que nous devenions les meilleurs amis du monde ! Mais on ne sait jamais, comme dit Le Petit Prince.

J’aime beaucoup savoir ce que mes hôtes lisent ou ont lu, ce qu’ils peuvent me conseiller, me faire découvrir, ce qui a transformé leur vie ou leur a donné le goût définitif de la lecture. J’aime beaucoup, aussi, trouver dans leur bibliothèque des livres que je connais déjà et qui sont alors, pour moi, comme autant de terrains chez l’autre déjà connus et familiers. Mine de rien, les livres qu’ils lisent en disent beaucoup sur les gens, sur leurs goûts et leurs préoccupations et comme souvent l’on met en évidence, dans sa bibliothèque, ce que l’on veut montrer qu’on lit, les livres exposés sont un témoignage de soi vraiment très intéressant.

J’adore trouver chez mes hôtes des livres comme Lolita de Nabokov, A l’est d’Eden de Steinbeck, Crime et Chatiment de Dostoievski ou 1984 d’ Orwell parce qu’alors je sais que mon hôte se fait une certaine idée de la littérature, qu’il ne réduit pas à quelques noms « contemporains » qui font snob et qui finalement, sans doute, passeront.…

A suivre

Ma valise à livres… (1ere partie)

Créé par le 18 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Si j’avais à emporter un livre sur une île déserte, un livre et un seul… et bien, j’avoue que j’aurais vraiment beaucoup de mal à choisir. Il fut un temps où j’aurais dit, sans aucune hésitation, Belle du Seigneur d’Albert Cohen parce que ce sublime roman de l’amour chimiquement pur, où se mêlent ironie tendre de l’auteur face à la bourgeoisie française des années 30, et lucidité désabusée devant la montée de l’antisémitisme ; ce magnifique pavé que j’ai lu trois fois, toujours à bout de souffle et les larmes aux yeux, ce chef-d’oeuvre d’humour, d’intelligence et d’humanité m’a permis de comprendre… Madame Bovary !

La petite provinciale que je croyais sotte et mégalomane m’est soudain apparue à la lumière de toute ma vérité. De sorte que j’aurais pu à cette époque, à l’instar de Flaubert, clamer sans réserve à qui voulait l’entendre : « Madame Bovary, c’est moi ! ». J’étais alors si éteinte, prise en proie à un quotidien amoureux tellement banal et sans histoire, que telle Emma, je me suis mise à trouver l’univers romanesque où trônait le magnifique Solal beaucoup plus séduisant que ma réalité. Je me suis mise à désirer, avec passion et impatience, vivre le grand amour, la grande vie, la merveilleuse aventure… En vain bien sûr. Alors peu à peu, mon engouement naïf m’a passée.

Bien entendu, d’autres dans l’histoire littéraire ont vécu cette même fascination romanesque, ce même voyage au coeur du plaisir de lire, ce même bovarysme (mais le terme est pour eux anachronique) ! Je pense bien sûr au plus tendre des rêveurs, au juste parmi les justes désireux à travers le monde de vérité et d’équité, de grandeur et de poésie ; l’homme à la triste figure, noble chevalier errant et serviteur de la gente dame Dulciné ; l’illustre Don quichotte de la Mancha.
Comment diable attribuer encore les caractéristiques de la modernité littéraire aux seuls auteurs du XXe siècle quand on a lu Cervantes ?
Contemporain de Sheakespare – ils sont morts la même année – Cervantes n’a rien à envier à celui qui, nous ayant transmis Othello ou Hamlet est considéré comme l’un des plus grands esprits de tous les temps…
… Voilà, pour ce soir je vous laisse, en bonne compagnie. Je poursuivrai ma valise à livres (ben oui, pour l’île déserte) demain.

A suivre

Oui, ce pourrait être une lettre… à un jeune poète …

Créé par le 14 mai 2009 | Dans : Pages d'écriture

Quelle forme, cette fois, prendront tes velléités d’écriture ?

Toujours cette soif à étancher… et rien. Rien finalement. Rien que quelques pages noircies qui ne te satisfont jamais. Pages que tu finis toujours, immanquablement, par déchirer, oublier, mettre de côté, négliger, mépriser, jeter comme du papier journal au feu.

Tu l’entends crépiter le feu de ta mémoire, pleurer le voire les romans restés inachevés ; les tentatives d’essais qui n’en étaient finalement pas ; les journaux intimes abandonnés en cours de route, pour cause – te dis-tu pompeusement – de très grande et inacceptable banalité ; les mots et formules – fragments ou haïkus épars – inaptes à former un tout cohérent ; les nouvelles d’anticipation ; les textes de jeunesse… et forcément, j’en passe !

Le feu de ta mémoire se lamente souvent, comme on le fait à Jérusalem, sur une époque sainte et sublime : celle où tu croyais innocemment être écrivain ou, plus orgueilleusement encore, pouvoir le devenir.

Soit ! Les mots t’ont toujours habité. Mais avec le temps, ils semblent être devenus spectraux, fantomatiques : sortes d’ectoplasmes errant sans but dans le labyrinthe imprécis de ta conscience.
Et si tu n’achevais pas souvent, jadis, tes entreprises d’écriture, désormais tu ne sais même plus les entamer.

Alors, sporadiquement, la soif inextinguible te reprend. Cette rage ! Et tu désires retourner boire à la source magique, donner vie à nouveau, te faire démiurge (Ô l’immense et glorieuse satisfaction de la création !) et plonger de tout ton cœur, de toutes tes forces dans de belles et silencieuses paroles.
Tu veux, tu crèves de vouloir que l’encre devienne ta sève, l’imagination ton royaume, et l’acte d’écrire le témoignage de ta plus intime et profonde vie.

Comment te résigner alors à l’éventualité de ne plus jamais écrire ? Et à celle, plus atroce encore, de ne plus jamais savoir le faire ?
Cela te semble impossible, improbable ! Alors tu t’accroches à cette sempiternelle vérité intime que tu énonces pour toi-même comme une évidence : ne pas écrire, demeurer sans écrire (même de somptueuses inepties, même de lamentables trivialités tout juste bonnes à remplir de grossiers gosiers !), te refuser le droit, le temps, le saint désir et même la possibilité d’écrire, c’est consentir lâchement, désespérément à ne pas être totalement toi.
Cela parce que tu sais, au fond, que ta voix ne dira jamais ce que disent tes textes ; que ton maniement de l’oralité n’égalera jamais celui de ta plume !

Chaque fois, donc, tu cèdes à cette rage ; cet intense désir d’écrire et chaque fois, après avoir noirci quelques pages, le voyage avorte ; il est écourté par manque de constance, lassitude, sentiment désastreux de l’impasse, manque de temps, de solitude, stupide paresse, insatisfaction, honte, pudeur, piège de l’innommable … que sais-je encore ?

Je consens que tu as chaque fois le courage de franchir le seuil et de regarder, bien en face, le livre encore informe, livre à naître, mais de là à t’accorder que l’entreprise puisse un jour aboutir à un magnifique ouvrage, un chef d’œuvre, cela il faudrait le prouver !
Pour le moment, je ne peux prendre ta nouvelle velléité de voyage que pour une gestation.

Car tu n’es pas encore celui qui rassemble les mots, organise les idées, met de l’intelligence là où le monde ne voit peut-être que de la niaiserie et n’entend que du silence. Celui qui donne vie, peu à peu. Une vie propre, une vie qui échappe à sa création, une vie autonome capable d’interroger ou de séduire.
Tu n’es pas encore celui qui transmet ce que l’on juge utile d’être transmis. Celui qui voit, observe, dévore, digère le monde et le recrache en disant : « voilà ce que je vois, ce que j’entends, ce que je touche, ce qui me plaît, me fait mal, me questionne. Voilà ce que je dis, à votre place, parce que vous ne savez pas écrire ou ne le voulez pas. Voilà la trace que je suis en mesure de laisser. Mon importance. »

Si tu aspires à devenir celui-là, si la rage te taraude, te dévore au point de t’empêcher de vivre, alors écris ! Ecris de toutes tes forces, écris sans mesure dans l’ignorance de tes hypothétiques lecteurs ; écris sans peur, sans pudeur, pour toi, afin de mettre au monde tout ce qui te semble vivant dans le fond de tes tripes, l’univers intime dont tu te sens pourvu.

Seuls comptent les actes et ton désir d’écrire, cette rage, cette soif que tu n’étanches pas n’est rien si tu ne t’attelles pas à l’ immense tâche.
Tout juste une envie. Une idée. Un silence. Une ombre.
Un peu de sable que le vent emporte.

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