A posteriori, je ris du sérieux qui m’habite lorsqu’il s’agit de défendre l’une au l’autre des composantes de ma petite personne et j’invite chacun à faire cette agréable expérience de l’auto-dérision.
Ne remarquez-vous pas combien nous pouvons accorder d’importance à ce qui nous concerne exclusivement ? Et combien nous sommes désespérément fragilisés lorsque l’intérêt que nous accorde autrui ne correspond pas au regard que nous espérons le voir porter sur nous ?
Il suffirait pourtant de lâcher prise, de renoncer à cette suffisance vaniteuse, à cette soif de hauteur et de rire tendrement de soi ; de ses faiblesses, de ses audaces, de ses manques et de ce petit air risible et triomphant que nous avons lorsque nous nous croyons vainqueurs.
Le monde est plein de petits moi sérieux et ridicules ; haïssables, aurait dit Pascal.

En réalité, je crois que nous manquons beaucoup de fantaisie… non ?