Le coin critiques

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Créé par le 06 juin 2009 | Dans : Actualités, Le coin critiques

Quel traitement les médias feront-ils de ce qui s’est passé hier ?
Savez-vous, vous-même, d’ailleurs ce qui s’est passé ? Etes-vous au courant qu’un film – offert par son réalisateur en toute gratuité, sans droit d’auteur et disponible sur internet – a été diffusé dans soixante-dix pays du monde en même temps ? Savez-vous qu’hier soir il y avait des dizaines de milliers de personnes sur le Champ de Mars à Paris, pour le visionner et qu’ailleurs, dans d’autres pays, autant de personnes se regroupaient dehors, dans les salles de cinéma, devant leur télévision pour voir ce film fédérateur ?
Non, ce film n’est pas un « super » match de football ; il ne transmet pas non plus le casting géant et planétaire de la prochaine Nouvelle Star ! Ce film nous parle de nous, de l’avenir de l’humanité et des choix que nous avons à faire, rapidement… dans les dix prochaines années.

Je me pose la question de savoir si vous êtes au courant, car ce matin, encore sous le choc des images superbes et terribles que j’ai vues, naïvement persuadée que tout le monde aujourd’hui parlerait de ce film et envisagerait les décisions à prendre, je m’aperçois que les grands titres des journaux disponibles sur le Net parlent des Bleus, de Roland Garros, d’Obama en France, du Liban coupé en deux, des élections européennes… mais pas (ou pas encore) de l’impact du film de Yann Arthus-Bertrand.

Je ne décrirai pas la beauté des images de Home, aucun mot n’étant suffisant pour dire la splendeur, la majesté de notre planète.
Je ne parlerai pas non plus du miracle qui nous a été offert : l’exception improbable de la Vie ; une Vie vieille de plus de trois milliards d’années.
Je ne dirai rien sur l’urgence de nos choix ni de ces choix ; juste qu’il nous reste dix ans, seulement dix ans, pour choisir.
Et je garderai pour moi l’émotion qui m’anime ce matin en pensant que l’Homme ne voit peut-être pas combien ce qu’il est chargé de préserver est aussi grand et merveilleux que fragile.

Le film Home de Yann Arthus-Bertrand est disponible en cliquant ici :

Les choix que nous ferons pour préserver ou non notre planète se feront à Copenhague, en décembre 2009. Vous pouvez contribuer à l’orientation de ces choix en signant l’appel.

Ma valise à livres… (4e partie)

Créé par le 02 juin 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Oui, en ce moment je m’imagine assez bien sur mon île déserte. Sans copies à corriger, sans les dernières mises au point de la pièce que mes élèves joueront dans une quinzaine de jours, sans stress, sans compagnon, sans chien, sans chatte, sans la perspective de ce dernier mois de cours, toujours plus difficile que les autres, ni celle du brevet des collèges où je serai de correction les 2 et 3 juillet puisque l’on m’y a cordialement conviée …pffffffff… Il y a des années comme ça qui sont particulièrement épuisantes ! Celle-ci le fut, l’est pour moi, à plus d’un titre…

Sur mon île. Seule.
Avec mes livres…
Pas forcément longtemps, mais juste assez de temps pour me ressourcer, faire ce que Sénèque préconisait : mon examen de conscience, me balader, écrire, dormir et lire.

Je ne lis plus.
Je n’ai plus le temps, plus de disponibilité pour les personnages de papier. Cette année, j’ai l’impression de n’avoir fait que commencer des livres que je n’ai pas finis. J’ai d’ailleurs un peu honte, même si Pennac, dans ses droits inaliénables du lecteur, m’accorderait volontiers la légitimité de l’inachèvement de mes lectures.

Alors, j’emmènerais aussi sur mon île déserte, dans ma valise à livres, quelques ouvrages qui m’ont plu et dont j’ignore encore la fin…

Melnitz de Lewinsky.
Les autres d’Alice Ferney
Chagrin d’école de Pennac
Seul dans le noir de Paul Auster
Le système périodique de Primo Levi

A suivre…

Ma valise à livres… (3e partie)

Créé par le 20 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

J’aime beaucoup la philosophie des Lumières et j’adore inventer des petites histoires rigolotes !
Alors quand il s’agit d’expliquer les contradictions voltairiennes tout en faisant ma valise, ça donne ça…

Un jour, Voltaire est allé voir Rousseau (en fait, contrairement à la rumeur, ils ne se détestaient pas tant que ça !) avec son Candide ou l’optimisme sous le bras et il lui a dit :

« c’est quand même incroyable que je ne parvienne pas à mettre complètement en question la philosophie neu neu de ce grand niais de Leibnitz. Je sens bien que ma réponse à son optimisme à la noix est incomplète puisque, au terme de mon ouvrage, je ne propose pour seule réponse pour faire avec le Mal du monde que de travailler sans raisonner. Or tu m’accorderas, mon cher Emile, que venant d’un philosophe de mon rang, qui a toujours affirmé sa foi inébranlable dans la raison, c’est tout de même un peu paradoxal !

Voyant son ami si désapointé, Rousseau fut pris d’un soudain altruisme et demanda :

« Tu es toujours déiste, mon bon vieux Voltaire ? Tu crois toujours en Dieu, hein ?

- Pour sûr, plus que de raison !

- Et bien il est là LE problème, mon vieux. Si tu veux vraiment mettre en question Leibnitz, il faut modifier ton postulat. Tu justifieras l’existence du Mal dans le monde et ta réponse sera vraiment complète que si et seulement si tu pars du principe que Dieu n’existe pas. Alors là, le Leibnitz, il pourra aller se rhabiller. Pan dans ses dents !

- Holala ! Mais tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes, là ? Candide est fini, bouclé je ne reviendrai pas dessus.

- Alors mon pote, si tu ne veux pas passer pour un âne, il faut présentement aller cultiver ton jardin. Moi je vais de ce pas parcourir les forêts immenses et rédiger mes confessions… fous moi la paix avec tes histoires, et arrête d’écrire des pamphlets pour dire à tout le monde que je suis mort ! Ca devient génant à la fin…

A suivre

Ma valise à livres… (2e partie)

Créé par le 19 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Je ne sais pas vous mais moi, quand j’arrive chez quelqu’un que je ne connais pas, la première des choses qui attire mon attention, c’est … sa bibliothèque. S’il n’y en a pas ou si mon hôte n’a que des livres de cuisine ou de bricolage, ça craint un peu ! Il y a alors peu de chance pour que nous devenions les meilleurs amis du monde ! Mais on ne sait jamais, comme dit Le Petit Prince.

J’aime beaucoup savoir ce que mes hôtes lisent ou ont lu, ce qu’ils peuvent me conseiller, me faire découvrir, ce qui a transformé leur vie ou leur a donné le goût définitif de la lecture. J’aime beaucoup, aussi, trouver dans leur bibliothèque des livres que je connais déjà et qui sont alors, pour moi, comme autant de terrains chez l’autre déjà connus et familiers. Mine de rien, les livres qu’ils lisent en disent beaucoup sur les gens, sur leurs goûts et leurs préoccupations et comme souvent l’on met en évidence, dans sa bibliothèque, ce que l’on veut montrer qu’on lit, les livres exposés sont un témoignage de soi vraiment très intéressant.

J’adore trouver chez mes hôtes des livres comme Lolita de Nabokov, A l’est d’Eden de Steinbeck, Crime et Chatiment de Dostoievski ou 1984 d’ Orwell parce qu’alors je sais que mon hôte se fait une certaine idée de la littérature, qu’il ne réduit pas à quelques noms « contemporains » qui font snob et qui finalement, sans doute, passeront.…

A suivre

Ma valise à livres… (1ere partie)

Créé par le 18 mai 2009 | Dans : Le coin critiques, Pages d'écriture

Si j’avais à emporter un livre sur une île déserte, un livre et un seul… et bien, j’avoue que j’aurais vraiment beaucoup de mal à choisir. Il fut un temps où j’aurais dit, sans aucune hésitation, Belle du Seigneur d’Albert Cohen parce que ce sublime roman de l’amour chimiquement pur, où se mêlent ironie tendre de l’auteur face à la bourgeoisie française des années 30, et lucidité désabusée devant la montée de l’antisémitisme ; ce magnifique pavé que j’ai lu trois fois, toujours à bout de souffle et les larmes aux yeux, ce chef-d’oeuvre d’humour, d’intelligence et d’humanité m’a permis de comprendre… Madame Bovary !

La petite provinciale que je croyais sotte et mégalomane m’est soudain apparue à la lumière de toute ma vérité. De sorte que j’aurais pu à cette époque, à l’instar de Flaubert, clamer sans réserve à qui voulait l’entendre : « Madame Bovary, c’est moi ! ». J’étais alors si éteinte, prise en proie à un quotidien amoureux tellement banal et sans histoire, que telle Emma, je me suis mise à trouver l’univers romanesque où trônait le magnifique Solal beaucoup plus séduisant que ma réalité. Je me suis mise à désirer, avec passion et impatience, vivre le grand amour, la grande vie, la merveilleuse aventure… En vain bien sûr. Alors peu à peu, mon engouement naïf m’a passée.

Bien entendu, d’autres dans l’histoire littéraire ont vécu cette même fascination romanesque, ce même voyage au coeur du plaisir de lire, ce même bovarysme (mais le terme est pour eux anachronique) ! Je pense bien sûr au plus tendre des rêveurs, au juste parmi les justes désireux à travers le monde de vérité et d’équité, de grandeur et de poésie ; l’homme à la triste figure, noble chevalier errant et serviteur de la gente dame Dulciné ; l’illustre Don quichotte de la Mancha.
Comment diable attribuer encore les caractéristiques de la modernité littéraire aux seuls auteurs du XXe siècle quand on a lu Cervantes ?
Contemporain de Sheakespare – ils sont morts la même année – Cervantes n’a rien à envier à celui qui, nous ayant transmis Othello ou Hamlet est considéré comme l’un des plus grands esprits de tous les temps…
… Voilà, pour ce soir je vous laisse, en bonne compagnie. Je poursuivrai ma valise à livres (ben oui, pour l’île déserte) demain.

A suivre

La vague

Créé par le 15 mai 2009 | Dans : Le coin critiques

Le film La Vague de D. Gansel, qui est actuellement sur les écrans, est tiré du petit roman éponyme de Todd Strasser. Il s’agit du récit d’une expérience véritablement menée au coeur d’un établissement scolaire américain, dans les années 60.

Un professeur d’histoire aux méthodes musclées tente de faire comprendre à ses élèves dubitatifs, la montée à partir de 1933 du nazisme en Allemagne, et l’acceptation plus ou moins consciente, terrorisée ou complice de la population allemande face aux mesures dictatoriales et criminelles du IIIe reich. Pour ce faire, il met en place, au sein même de sa classe, une discipline de fer qui séduit peu à peu les élèves.

Moyennement convaincant, le livre de Strasser a au moins le mérite de rappeler qu’en tout Homme siège une passion obscure pour les chefs charismatiques et la discipline.… d’où peuvent naître ce que Brecht appelait « la bête immonde ».

Quelques jours aprés avoir lu le livre, je suis tombée sur un documentaire en deux parties de M. Prazan, diffusé sur France 2, à propos des commandos de la mort pendant la deuxième guerre mondiale en Europe de l’Est : les Einsatzgruppen.
Au delà de toute certitude, de toute supposition, de toute tentative d’explication sur la possibilité du mal, ce documentaire nous donne à  voir l’horreur absolue, inimaginable ; la noirceur sans fond de l’âme humaine, indépendamment de son amour passionné des chefs et de la discipline ! une horreur sans nom, catastrophique, incompréhensible, innommable. Une horreur qui nous prive de mots… de remèdes.

A l’issue de ce film d’archives coup-de-poing, je me suis dit que le plus gros défaut de Strasser était finalement de vouloir sonder l’insondable et donner une explication logique à ce qui demeure irrationnel et indicible. J’ai conseillé la lecture du livre à un collègue d’Histoire, attendant de savoir ce qu’il en pense.
Pour ma part je crois que toute tentative d’explication aboutit finalement à la banalisation du mal…

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